Délégation Régionale Outremer
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Somateria mollissima
Ordre
Ansériformes
Famille
Anatidés
Dimensions
Longueur totale
53 à 71 cm
Poids
2,2 kg
© photo
L’Eider à duvet est le plus gros canard marin de notre région. Les femelles sont en général un peu plus lourdes que les mâles. Le plumage du mâle adulte est principalement blanc et noir : blanc sur le dos, la poitrine, le devant des ailes, le cou et le dessus de la tête (c’est pour cette raison qu’il est appelé localement dos blanc) noir sur le ventre, la partie postérieure des ailes, la queue et les côtés de la tête. Le bec est généralement jaune orangé et les pattes sont jaunâtres ou verdâtres. Le plumage de la femelle est brun rayé, de blanc. L’adulte possède deux liserés blanc présents sur les ailes, la couleur du bec va du verdâtre au jaunâtre. Ce plumage adulte est atteint vers l’âge de trois ans, avant, le jeune ressemble à la femelle.
La distribution de l’Eider à duvet est circumpolaire. En Amérique, il niche généralement tout le long des côtes du Québec, du Labrador, de l’île de Terre-Neuve et dans les provinces maritimes, jusqu’au golfe du Saint Laurent. Cette large répartition, créée l’existence de plusieurs populations distinctes. Même si ces populations se regroupent dans leurs aires d’hivernage situées au Sud, lorsqu’ils regagnent leurs zones de reproduction, elles ne se mélangent pas. L’eider à duvet est fidèle à son aire de reproduction. Il est possible de distinguer ces populations grâce à certains critères physiques comme la couleur du plumage ou l’excroissance de peau présente sur le bec. Pour les populations se reproduisant au nord du Labrador et au nouveau Québec, leur excroissance de peau est moins importante que les populations vivants au Sud du Labrador, à Terre-Neuve et dans les Maritimes. Les individus hivernant dans notre région proviennent des régions Sud et Nord de Terre-Neuve mais aussi de la côte Nord Est du Labrador. Le régime alimentaire de l’Eider à duvet varie selon les lieux et les saisons, il se compose généralement de petits crustacés (amphipodes) de mollusques (bigorneaux et moules). Dans notre région, l’Eider est un grand consommateur d’oursin.
L’été, dans les colonies, certaines canes laissent, à des femelles dominantes, le soin de s’occuper des jeunes. Ces groupes forment ce que l’on appelle des crèches. Il s’agit d’une période critique pour les jeunes qui sont souvent victimes de prédation par les goélands et les renards. Pendant ce temps, les mâles se regroupent pour muer (changer de plumage), ils ressembleront aux femelles durant plusieurs semaines. Dans notre région, nous voyons apparaître les premiers groupes d’oiseaux en octobre mais, c’est véritablement à partir de la deuxième quinzaine de décembre que l’on observera des concentrations plus importantes.
L’Eider à duvet atteint sa maturité sexuelle à l’âge de 3 ans. Les oiseaux sont monogames et nichent en colonie parfois importantes. La migration vers le Nord débute en mars et les oiseaux, à cette époque s’alimentent de façon intensive. Dans notre région, il n’est pas rare d’observer des concentrations plus importantes. « Pour les populations nichant dans la partie sud de leur aire de répartition, les femelles s’installent sur les colonies dès le mois d’avril, après la parade nuptiale ». Le nombre d’œufs par couvée varie de 3 à 5, la durée moyenne d’incubation est de 26 jours. La femelle produit une seule ponte par an. Le nid, tapissé de duvet, est installé dans une zone dégagée ou buissonnante. Quelques heures après l’éclosion des œufs, les canetons quittent le nid, on dit qu’ils sont nidifuges.
Bien que certaines portions côtières de l’archipel possèdent un habitat favorable pour la nidification de l’espèce, l’Eider n’est pas considéré comme nicheur. Il se reproduit cependant près de chez nous, aux îles Burgeo au Sud de Terre-Neuve. Au 18 ème siècle, la population nicheuse d’Eider à duvet à Terre-Neuve était estimée à 30 000 couples, pour des raisons de subsistance, celle-ci a été décimée par les habitants. Aujourd’hui, grâce à l’évolution du niveau de vie et aux efforts des services gouvernementaux et d’associations, cette population semble se reconstituer. Le nombre de couples nicheurs est actuellement estimé à environ 5200 couples. Cependant, si la population d’Eider à duvet de Terre-Neuve a quasiment disparu pour les raisons évoquées ci-dessus, aujourd’hui la menace qui pèse sur cette espèce, comme sur les autres canards de mer, c’est la pollution due aux déversements sauvages d’hydrocarbures. Entre 3000 et 5000 canards de mer (selon les estimations) périssent chaque année, victimes du mazout. Dans l’archipel, l’Eider à duvet est une espèce chassable. Cependant, la vente et l’achat sont interdits. Ses effectifs hivernants font l’objet d’un suivi régulier depuis 1994, et les observations d’hiver montrent une stabilité et une progression des oiseaux en migration de printemps.