ONCFS Outre-Mer - Appui et conseil

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Ministère de l'Agriculture et de la Pêche  Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable

    Appui et conseil

 

 

 

Radiographier les pattes de lièvre pour déterminer leur âge

et mieux gérer les populations

 

L’an dernier, afin de connaître le pourcentage de jeunes lièvres dans le tableau de chasse pendant les 3 premières semaines de l’ouverture de la chasse au « lapin », la Fédération des Chasseurs avait demandé à des chasseurs bénévoles de réaliser un prélèvement des pattes avant, ainsi que des yeux des lièvres tués à la chasse. Au total, 109 pattes et yeux recueillis ont été analysés et les résultats vous sont présentés ci-dessous. 

Scène de "chasse au lapin" à Saint-Pierre et Miquelon 

Tout d’abord, il faut bien avoir à l’esprit que les populations de Lièvre d’Amérique présentent des fluctuations annuelles qui peuvent être importantes et qui dépendent principalement de la fécondité des femelles et de la survie de leurs jeunes. Pour bien gérer ces populations, les chasseurs ont donc besoin de savoir chaque année si la reproduction a été bonne ou mauvaise. Une façon de répondre à cette question est d’estimer le pourcentage de jeunes parmi les animaux tués à la chasse : plus la reproduction a été bonne, plus le pourcentage de jeunes est élevé. En réalisant cette estimation après les trois premières semaines de chasse, plusieurs possibilités de chasse s’offrent aux chasseurs pour ajuster le prélèvement (par rapport à la qualité de la reproduction) :

 

1° Une augmentation du nombre de bagues par chasseur ;

2° Une augmentation du nombre de jours de chasse dans la semaine ou sur la saison ;

3° Une interruption de la période de chasse dans le cas d’une mauvaise année ;

4° Un quota de bagues par chasseur défini au départ, si la saison est moyenne à médiocre.

 

La combinaison de plusieurs possibilités peut également être envisagée. Mais cela nécessite avant tout de savoir déterminer l’âge des animaux, ce qui est moins évident qu’il n’y paraît. C’est pourquoi l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et la Fédération Départementale des Chasseurs viennent de tester une méthode radiographique pour réaliser cette détermination de l’âge. Après le recueil des pattes, il faut les placer sur une planche radiographique, par exemple chez un vétérinaire. L’interprétation de la radiographie permet de détecter la présence ou l’absence d’un cartilage de croissance et donc de déterminer si l’animal est un jeune ou un adulte.

 

 

          

 

Radiographies des pattes avant de jeune lièvre (à gauche) et de lièvre adulte (à droite) : chez l'adulte, on observe la soudure du cartilage de croissance.

 

 

La méthode n’est cependant pas parfaitement fiable, notamment parce que l’ossification de ce cartilage de croissance se fait progressivement entre 4 et 9 mois environ, ce qui conduit à classer comme adultes de jeunes animaux et à sous-estimer le pourcentage de jeunes. Ainsi, sur l’échantillon testé (109), le pourcentage de jeunes global (72%) a été sous-estimé d’environ 8%, en sachant que cette sous-estimation peut être plus importante en fonction des années et du nombre de pattes analysées. La méthode présente cependant les avantages, par rapport à la pesée du cristallin, de donner rapidement un résultat et de ne pas sur-estimer le pourcentage de jeunes. Elle devrait permettre de détecter les bonnes et mauvaises années de reproduction et ainsi d’ajuster rapidement les possibilités de gestion par exemple proposées ci-dessus.

 

Associée à d’autres indices de bonne santé des populations, cette méthode peut donc contribuer utilement à leur suivi et à leur bonne gestion, à la fois pour préserver la ressource gibier et pour veiller à un bon équilibre avec la forêt.

BL, LJ, JSG.