ONCFS Outre-Mer - Recherche / Missions techniques

Délégation Régionale Outremer
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Ministère de l'Agriculture et de la Pêche  Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable

    Recherche / Missions techniques

 

 

Finalité

Maîtrise des populations de mammifères introduits dans l’archipel.

 

Objectif opérationnel

Plans de gestion des populations de mammifères terrestres en temps réel par la création d’une base de données et d’outils de suivi.

 

Description

Sur l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, trois mammifères terrestres ont été  introduits par l’homme à des fins cynégétiques :

Ces espèces se sont bien adaptées aux différents milieux. Le lièvre variable et le cerf occupent les espaces boisés. Quant au lièvre arctique, il colonise les zones plus élevées et dépourvues de végétation arbustive. Mais ces populations d’herbivores introduits ne sont pas sans impact sur la forêt boréale et la végétation subarctique des collines, d’autant plus que leurs prédateurs sont peu représentés dans l’archipel. Le cerf de Virginie et le lièvre variable sont chassés annuellement selon des Plans Maxima Autorisés (PMA) et le lièvre arctique n’est quant à lui chassé que depuis 2007. Plusieurs actions sont mises en place avec la Fédération des Chasseurs de Saint-Pierre et Miquelon pour suivre et maitriser ces populations :

 


La gestion du cerf de Virginie

La connaissance des prélèvements à la chasse et des comptages terrestres apportent des connaissances sur les variations d’effectifs des populations mais cela est insuffisant pour permettre une gestion fine des populations de cerfs. Afin d’améliorer nos connaissances, plusieurs actions sont proposées et mises en place avec la Fédération des Chasseurs.

Actions proposées et retenues :

 


La gestion du lièvre variable

Une étude a permis de suivre l’évolution des populations sur les îles Miquelon-Langlade et de proposer un mode de gestion adapté aux fluctuations annuelles.

Actions proposées et retenues :

 

La gestion du lièvre arctique

Actions proposées et retenues :

 

 

 


Finalité

 

Posséder une meilleure connaissance des populations  hivernantes autour de l’archipel pour une gestion adaptée en tenant compte des réalités biologiques des espèces dans un contexte régional. Mieux protéger la sous population menacée d’Arlequin plongeur de l’Est américain.

 

Carte de l'île de Saint-Pierre



Le suivi de l’eider à duvet

Objectif opérationnel 

Participation à la reconstitution des populations de la région de Terre-Neuve et du Labrador.

Actions proposées

 

Le suivi du canard noir

Objectif opérationnel

Suivi des populations d’anatidés hivernants à fortes valeurs patrimoniales.

Actions proposées

 

Le suivi de l'arlequin plongeur

Objectif opérationnel

Plan de protection des individus hivernants.

Actions proposées

 

Résultats

 

Suivi des populations d’anatidés hivernants à forte valeur patrimoniale :

Canard noir Anas rubripes

Eider à duvet Somateria mollissima

Arlequin plongeur Histrionicus histrionicus

 

Objectifs des suivis

 

L’Eider à duvet est le plus gros canard de mer de l’hémisphère nord. Il est exploité par l’homme depuis longtemps pour sa viande, ses œufs et son duvet. Sa productivité est faible et les populations ont été surexploitées au cours de l’histoire. Actuellement, seule la sous-espèce S. m. dresseri paraît dans un état de conservation satisfaisant.

Eiders à duvet

© Bruno Letournel

Sur les côtes de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, on trouverait en hivernage deux sous-espèces : borealis et dresseri. La sous-espèce dresseri est réputée pour être plus méridionale et avoir autrefois niché sur l’archipel.

Trophée apprécié des chasseurs de l’archipel, l’eider à duvet a fait l’objet de mesures de conservation et une réserve a été instaurée à proximité de Saint-Pierre pour lui assurer une zone de tranquillité parmi ses aires d’alimentation.

Le suivi de sa population a pour buts :

Le Canard noir  est un résident permanent de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Les effectifs hivernants paraissent stabilisés autour de 400-500 individus depuis quelques années.

 

© Michael Martinez

Dans l’ensemble de son aire de répartition, le Canard noir connaît une régression assez nette qui peut s’expliquer par la compétition interspécifique avec le Canard colvert (Anas platyrhynchos) qui occupe une niche écologique très voisine de la sienne.

Bien que n’ayant pas fait l’objet d’une analyse génétique, la population de canards noirs de l’archipel est considérée comme génétiquement “ pure ”, c’est à dire, non hybridée avec la population de canards colvert, car située à l’extrémité Est de son aire de répartition.

Le suivi mis en place à pour buts :

 

 

L’arlequin plongeur est un petit canard marin qui hiverne près des côtes rocheuses. A l’échelle de l’Amérique du Nord, il existe plusieurs sous populations dont une qui hiverne sur la côte Est américaine et qui nous intéresse plus particulièrement. Cette population qui est menacée compte actuellement environ 2000 individus. Un petit groupe d'arlequins s’est installé sur la côte Sud de Saint-Pierre sur la réserve de Chasse et de Faune Sauvage du « Diamant » qui présente un habitat favorable pour l’hivernage de l’espèce. En 1991, cette espèce protégée sur le continent a été classée protégée à Terre-Neuve et interdite à la chasse à Saint-Pierre et Miquelon. En 2004 par arrêté ministériel l’oiseau a été retiré de la liste des espèces chassables de l’archipel. 

 

© Laurent Jackman

Le suivi mis en place à pour buts :

 

Les méthodes de comptage

 

Les comptages sont réalisés 2 fois par mois durant la période d’hivernage (de septembre ou octobre jusqu’en avril). Ils s’effectuent à l’aide de jumelles et d’une longue-vue pour préciser les observations faites aux jumelles lorsque cela s’avère nécessaire.

Les sites de stationnement étant connus et variant très peu d’une saison à l’autre, les recensements consistent à compter les canards à partir de la terre sur les différents sites occupés. Sauf à de rares exceptions, les comptages sur les différents sites sont réalisés simultanément, ce qui permet une estimation fiable de l’effectif total. Pour un mois donné, l’effectif retenu est celui correspondant au meilleur des 2 comptages réalisés.

 

La principale difficulté rencontrée concerne l’estimation numérique des grands groupes d’eiders lorsqu’ils stationnent au large dans une mer agitée. Pour faciliter le comptage, les observations sont réalisées à partir des points hauts (caps ou collines) les plus proches, de l’aire de stationnement des eiders.

 

Les résultats

 

Evolution des effectifs

Les effectifs totaux pour chaque année sont calculés en faisant la somme des comptages mensuels (de septembre ou d’octobre à avril).

 

Résultats des comptages de canards noirs réalisés depuis 1996 jusqu’au printemps 2008.

On peut voir sur le graphique que la population hivernante de canards noirs augmente de manière significative à partir de 1998 (la cinquième année du suivi) et reste stable cinq années durant. Elle diminue à nouveau pendant deux années successives et revient à des niveaux comparables aux années 1999-2003. Pour 2003-05, on attribut cette baisse d’effectif à deux hivers rigoureux suivis de mauvais printemps.

    

Résultats des comptages d’eiders à duvet réalisés depuis 1992 jusqu’au printemps 2008.

A partir de séries complètes de données, ce graphique montre l'évolution de la population d'eiders à duvet hivernant dans la partie Sud de Saint-Pierre (sud de Saint-Pierre et Sud de l’Ile aux Marins) depuis 1992. Les colonnes indiquent le nombre maximum d'oiseaux estimés par saison d'hivernage. A partir des années 2000, nous voyons une nette augmentation du nombre maximum d'eiders à duvet observés par saison d'hivernage.

Un suivi mensuel de la population d’eider à duvet hivernant sur la côte Sud de Saint-Pierre a été initié en 1986, les oiseaux sont comptés jusqu’au mois d’avril mais nous disposons de jeux de données complets seulement à partir de 1992, ce qui permet d’ores et déjà d'observer une augmentation des effectifs comptés à partir de 2002. Il faut néanmoins replacer ces comptages dans un cadre plus large, au niveau régional. Des mouvements de population peuvent s'opérer dans la région.

 

Résultats des comptages d’arlequins plongeurs réalisés depuis 2003 jusqu’au printemps 2008.

A partir de séries complètes de données depuis la saison d'hivernage 2003-04, ce graphique montre les effectifs maximum d'arlequins plongeurs comptés sur la côte Sud de Saint-Pierre (principalement au niveau du secteur du « Diamant »). Depuis deux années, les effectifs comptés sur l’archipel tout au long de l’hivernage ont quasiment quadruplé : on observe maintenant 4 fois plus souvent ces oiseaux. 

 

Phénologie de l'hivernage

Les résultats présentés ci-après correspondent à l’ensemble des séries de comptages complètes, les périodes de début et de fin d’hivernage ne figurent pas sur les graphiques.

Evolution des effectifs de canards noirs tout au long de l’hivernage sur l’Archipel de Saint-Pierre et Miquelon (barre d’erreur : écart-type à la moyenne).

Entre octobre et février, les jeux de données sont complets, les estimations sont donc fiables. Au cours de la saison d'hivernage, l'effectif des canards noirs se maintient à peu près globalement mais c'est en novembre et décembre que la population est la plus forte.

Evolution des estimations d’eiders à duvet tout au long de l’hivernage sur l’Archipel de Saint-Pierre et Miquelon (barre d’erreur : écart-type à la moyenne).

L’effectif de la population d’eiders à duvet présente sur l’archipel augmente pendant l’hivernage : il atteint son maximum en avril avant le départ des oiseaux (non visible sur le graphique présenté).

 

 

Evolution des effectifs d’arlequins plongeurs tout au long de l’hivernage sur l’Archipel de Saint-Pierre et Miquelon (barre d’erreur : écart-type à la moyenne).

 

Sur des petits chiffres, il est difficile d'avoir l'évolution exacte de la population d'arlequins plongeurs. Au cours de la saison d'hivernage, mais bien que le graphique ne le montre pas à partir de décembre, on pense que la population est stable et décline en mars.

Les effectifs varient régulièrement au cours de l’hivernage. On attribut ces variations d’effectifs aux mauvaises conditions météorologiques hivernales pouvant être un facteur limitant la présence des canards arlequins dans ce secteur. Ainsi les canards peuvent rallier les côtes de Langlade, voisine de Saint-Pierre, pendant des épisodes climatiques rigoureux, ils regagnent ensuite leurs lieux de stationnement habituels.

 


Finalité : Mieux connaître la faune et la flore des zones humides pour mieux les protéger.

Objet :
Mise en place d’un plan de gestion piscicole, restaurer les zones humides atteintes par les activités humaines (pollution, altérations, obstacles à la migration…).

Présentation : Les eaux de l’archipel sont toutes de première catégorie et peuplées principalement de salmonidés (Omble de fontaine : Salvelinus fontinalis, Saumon atlantique : Salmo salar) et d’une forte population d’Anguille américaine (Anguilla americana). Le saumon et l’anguille sont des espèces en forte régression au niveau régional. Deux variétés d’omble de fontaine sont présentes, l’une est sédentaire l’autre anadrome. La variété anadrome est en forte régression à l’échelon local.L’extrême fragilité de ces milieux les rend très sensible à toute intervention humaine (rejets, infrastructures…). L’activité de pêche est très prisée sur l’archipel (1 200 pêcheurs pour 6500 habitants sur un territoire de 240 km2). Elle est principalement orientée sur l’omble de fontaine.Jusqu’en 2000, aucune étude n’avait été réalisée sur les zones humides. Face à la pression constante de l’urbanisation et à l’augmentation de la pression de pêche, on assiste à une réelle prise de conscience des associations de pêche sur les menaces liées à la dégradation du milieu et à la surexploitation de certaines espèces.

 
Finalité :

  • Evaluer la vitesse de réponse du milieu en vue d’une reconquête végétale,
  • Définir un plan de gestion cerf permettant de conserver la biodiversité.

Objectif opérationnel : Création d’enclos fermés au passage de la population de cervidés et léporidés.

Descriptif :
L’expérimentation vise à évaluer le degré d’impact des cerfs de Virginie (Odocoileusvirginianus) et du lièvre variable (Lepus americanus) sur la Flore. Le suivi de la recolonisation et de l’évolution de ces « enclos » permet d’avoir une idée de l’indice de dégradation du milieu dû à l’introduction et une maitrise imparfaite de la population de cervidés et de léporidés.
Depuis 1999, les évaluations menées année après année, permettent d’estimer la vitesse de reconquête de la végétation dans le milieu et visent à répondre à deux questions :

  • L’abroutissement répété des herbivores dans les zones boisées à base de sapin baumier peut-il influer sur l’installation du couvert boisé au moment de la régénération et favoriser l’évolution vers la pelouse ?
  • L’abroutissement répété des zones boisées, à dominance de sapin baumier, peut-il influer sur le couvert boisé, perturber la régénération et favoriser l’évolution vers la pelouse?
  • L’abroutissement répété des zones boisées en feuillus peut il influer sur la composition et la hauteur des peuplements et à la longue, constituer une menace pour certaines espèces ?